« Je ne crois pas que Fulham ait misé sur Arbeloa seulement pour six ou sept matches », estime Javi Pereira. L’ancien entraîneur de Fulham prend la défense du projet d’Álvaro Arbeloa, alors que le club traverse une crise de résultats et occupe la dernière place avec deux points sur 18 possibles. Pereira, qui a obtenu deux promotions en Premier League avec Fulham, connaît bien le club et son fonctionnement.
Son attachement à l’institution est manifeste. « C’est le meilleur club où j’ai travaillé: un club élégant, très familial et en même temps très professionnel. Il veille à chaque détail et facilite la vie de l’entraîneur pour qu’il puisse penser uniquement au football », dit-il. Pereira ajoute que Fulham est une institution respectée et la plus ancienne équipe professionnelle de Londres.
Il a vécu deux promotions différentes avec Fulham. En 2018, il était l’adjoint de Jokanovic; en 2020, lorsque Scott Parker dirigeait l’équipe, il travaillait auprès de la direction sportive. Il garde une préférence pour la première, remportée à Wembley face à Aston Villa, dans une finale disputée devant 90 000 spectateurs et surnommée le « match des 140 millions de livres ». La seconde, pendant la pandémie de COVID-19, s’est déroulée devant très peu de monde. Pereira rappelle aussi qu’il avait obtenu une autre montée en Premier League avec Watford et Jokanovic en 2015.
À ses yeux, Arbeloa a hérité d’un Fulham transformé. L’équipe, explique-t-il, a longtemps été un club faisant l’aller-retour entre les divisions, mais elle s’est installée en Premier League depuis l’arrivée de Maco Silva: elle y enchaîne cinq saisons et s’y est maintenue avec une relative tranquillité. Pereira juge que le club est désormais respecté non seulement comme institution, mais aussi comme équipe de l’élite.
Le début de campagne reste pourtant préoccupant. « Les premières semaines n’ont pas été bonnes, Fulham est dernier et les interrogations apparaissent. La responsabilité de l’entraîneur existe, mais je ne crois pas que le club ait construit ce projet autour d’Arbeloa pour seulement six ou sept matches », souligne Pereira. Il relève que Gonzalo, Palacios et Manuel Ángel, trois joueurs qu’Álvaro connaissait au Real Madrid, ont été recrutés. Selon lui, ces arrivées témoignent d’un projet pensé autour de l’entraîneur.
Pereira rappelle que l’équipe avait commencé en jouant très haut et largement, à la manière du Real Madrid d’Arbeloa. Elle a encaissé trois buts à domicile lors de chacun de ses deux premiers derbies, contre Chelsea (2-3) puis Crystal Palace (2-3). Il a ensuite constaté davantage de solidité: avant la trêve, Fulham a partagé les points avec Liverpool (0-0) et Manchester United (1-1). À ses yeux, les prestations laissaient même espérer mieux qu’un match nul.
La défaite contre Ipswich Town, promu cette saison, a cependant stoppé cette amélioration. Fulham s’est incliné 2-1 après avoir mené 0-1 à la 87e minute. Pereira estime que son équipe a dominé pendant 60 minutes, mais que la gestion de l’avantage a suscité les critiques. Il pointe le remplacement de Charles par Manuel Ángel, qu’il juge plus créatif, et rappelle que les confrontations entre concurrents directs pèsent lourd.
La suite immédiate s’annonce importante: Fulham reçoit Hull avant de se déplacer à Coventry. « Je traiterais le match contre Hull comme une finale et je ne penserais pas encore à Coventry. Quelque chose doit peut-être changer », estime Pereira. Il suggère de s’appuyer sur des joueurs connaissant mieux la Premier League et davantage intégrés au groupe, en citant Iwobi, Bassey, Andersen, Rodrigo Muniz et Sander Berge.
Il invite toutefois à la patience avec les recrues venues du Real Madrid. Gonzalo lui paraît plus avancé, tandis que Palacios et Manuel Ángel avaient peu d’expérience en première division. Pereira considère les trois joueurs comme de bons footballeurs, mais estime qu’ils doivent encore gagner en autorité et s’adapter au rythme de la Premier League. Il les voit davantage comme des investissements à moyen ou long terme.
Pereira a également évoqué ses expériences et ses autres regards sur le football. Il décrit son passage en Chine comme une étape importante, marquée par la découverte d’une culture différente et d’un projet réussi, et dit rechercher un projet ambitieux où il pourrait avoir un impact. Il a été parmi les candidats à la tête de la sélection chinoise. Il suit aussi le Levante, dont il apprécie le parcours sous Luís Castro, et se montre optimiste pour l’Alavés depuis l’arrivée de Quique Sánchez Flores.
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