De Rangers à la Liga, l’Écosse constitue désormais la prochaine étape de Robbie Ure. L’attaquant de 22 ans, qui a disputé l’intégralité du match de Séville contre Barcelone le week-end dernier, fait partie d’une nouvelle vague d’avant-centres écossais encore non sélectionnés et qui espèrent débuter samedi en Slovénie, en Ligue des nations.
Face à Barcelone, Ure a joué 90 minutes, notamment au marquage de Pau Cubarsi, désigné homme du match lors de la finale de la Coupe du monde, et sur le même terrain que Rodri et Lamine Yamal. Dans le groupe de Sebastien Pocognoli, Lyndon Dykes et George Hirst sont absents, tandis que Che Adams, Lawrence Shankland et Ross Stewart ont été écartés sur blessure. Ces cinq joueurs étaient tous présents à la Coupe du monde organisée aux États-Unis durant l’été.
Cette situation ouvre un espace à Ure, déjà apparu sept fois avec Séville depuis son arrivée d’IK Sirius, en Suède. Il a notamment déjà affronté 12 membres de la sélection espagnole championne du monde. L’attaquant, qui n’avait pas réussi à s’imposer à Rangers, a désormais une première apparition avec l’Écosse en ligne de mire.
Son parcours est aussi mis en avant dans la campagne de la Fédération écossaise visant à encourager les clubs à offrir davantage de possibilités aux jeunes. Sans cette opportunité à Glasgow, Ure est passé par Anderlecht puis IK Sirius avant de rejoindre Séville, qui a versé 5,5 millions de livres, avec 2,5 millions supplémentaires prévus en primes.
Il qualifie les derniers mois de « mouvementés », un terme qui accompagne son changement de dimension. Séville se serait incliné 3-1 face à Barcelone et Ure n’a pas encore marqué pour son nouveau club, mais il considère cette exposition au plus haut niveau comme formatrice. « J’ai vraiment apprécié », a-t-il confié. « Mais contre ces joueurs, vous leur laissez une occasion et, la plupart du temps, c’est un but. Pour moi, c’était une très bonne expérience. Je ne peux que progresser grâce à cela. »
Le joueur a également expliqué son départ de Rangers sans amertume : « J’avais le sentiment que je n’étais pas assez bon pour jouer à Rangers à ce moment-là, ce qui est normal pour beaucoup de joueurs de 18 ans. Cela n’a rien affecté dans ma confiance. J’aurais adoré rester, mais je savais que je n’allais pas jouer, et je l’ai accepté. » Il a ajouté : « Dans un club comme Rangers, il est difficile pour n’importe quel joueur de 18 ans de jouer. J’avais besoin d’un changement de décor et d’un nouveau départ, dans un endroit où je pourrais jouer à un niveau qui me conviendrait alors. Anderlecht m’a offert cela. »
Entre avril et juillet de cette année, Ure a inscrit 15 buts en 14 matches avec IK Sirius, dont quatre lors d’une même rencontre contre Mjallby. « Je marquais presque à chaque match, donc c’était probablement le moment où j’ai été le plus heureux », a-t-il déclaré. « Chaque semaine, je marquais et nous étions en tête du championnat. Je progressais et l’intérêt à mon égard grandissait de plus en plus. »
Cette période lui a surtout apporté du temps de jeu et de la confiance. « À un jeune âge, il est vraiment important de jouer, a souligné Ure. Je jouais 90 minutes chaque semaine, j’avais la confiance de l’entraîneur et du club. On m’a aussi laissé du temps. Le jour où j’ai marqué les quatre buts, c’était mon premier triplé. J’avais l’impression que chaque frappe allait devenir un but. Je n’avais jamais ressenti cela auparavant dans le football. C’était assez spécial. » Pour lui, la progression des jeunes exige patience et minutes sur le terrain : « Je n’ai pas pu trouver ce niveau en Écosse, alors j’ai dû chercher ailleurs, et je suis heureux de l’avoir fait. »
Un peu plus de trois ans auparavant, Ure avait quitté Rangers adolescent, après une minute contre St Mirren en novembre 2022 puis une autre contre Hibs en mai 2023 avec l’équipe première. À l’époque, Ure était aux côtés de James Wilson, de Hearts, et Kieron Bowie, de Sassuolo, tous deux titulaires de deux sélections, ainsi que d’Oli McBurnie, de Hull, dont la dernière de ses 16 apparitions internationales remontait à cinq ans.
Le parcours des jeunes joueurs est devenu un sujet majeur dans le football écossais, et celui d’Ure illustre ce que peut produire une véritable chance accordée à un jeune. En Espagne, le niveau auquel il se mesure est particulièrement élevé. Il n’a pas encore marqué, mais la séquence qui s’annonce sous Pocognoli pourrait lui offrir son premier cap et une nouvelle scène pour se montrer.
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