Les essais du vendredi du Grand Prix de Bahreïn en Malaisie ont pris une tournure inhabituelle: les temps au tour ont été quatre secondes et demie plus lents que prévu, en raison du mauvais état de la piste. Mercedes n’a pas autant impressionné qu’attendu et les programmes des équipes ont dérogé à leurs habitudes. Max Verstappen a particulièrement illustré cette approche différente.
En temps normal, les pilotes effectuent leurs simulations de qualifications au milieu de la deuxième séance d’essais, puis consacrent la suite aux longs relais. Verstappen a, lui, choisi de privilégier un relais prolongé. « Je voulais faire un long relais au cas où la pluie arriverait », a-t-il expliqué.
Chez Red Bull, l’objectif était aussi de recueillir des données sur l’usure des pneus, considérée comme un enjeu majeur du week-end à Sepang. Le directeur technique de l’équipe, Pierre Wache, a indiqué que Red Bull ne voulait pas sacrifier son travail sur les longs relais. L’équipe ne disposait pas de données sur le pneu médium: elle l’a donc étudié en priorité, au détriment d’un passage avec les pneus tendres.
L’état de la piste complique cette tâche. Le faible niveau d’adhérence favorise le glissement, qui augmente la température de surface des pneus et peut accentuer leur dégradation thermique. Simone Berra, ingénieur en chef de Pirelli, a décrit une usure importante et souligné la difficulté de maîtriser les températures, particulièrement à l’arrière. Les équipes doivent aussi éviter de trop solliciter les pneus avant dans les virages rapides.
Cette priorité donnée au rythme de course distingue l’approche des équipes en Malaisie d’un week-end habituel. Par précaution, elles ont toutes conservé deux trains de pneus durs; ni les équipes ni Pirelli ne disposent donc de données sur le composé C2, le plus dur disponible ce week-end. Berra s’attend également à une forte dégradation avec ce pneu, dont le niveau d’adhérence pourrait être plus faible.
Pour la course, les trois composés restent envisageables. Berra estime qu’un scénario à deux arrêts est le plus probable, sans exclure trois passages aux stands. La diversité des options pourrait favoriser des stratégies différentes, mais les équipes abordent les qualifications avec davantage d’incertitudes que d’ordinaire, même si la séance se déroule sur piste sèche.
Commentaires