Max Verstappen a précisé que le problème moteur qui a perturbé les qualifications de Red Bull à Bakou était différent de ce qu’il avait d’abord semblé. Après avoir signé le meilleur temps des derniers essais libres et ressenti des progrès avec les évolutions, le pilote espérait créer la surprise, avant qu’un incident moteur ne contrarie son week-end.
Le souci avait initialement pu faire penser à un problème de déploiement de l’énergie, donc à la partie électrique de l’unité de puissance. Interrogé par Autosport, Verstappen a toutefois précisé que le problème n’était initialement pas lié au déploiement, comme cela avait pu sembler, mais au moteur thermique. « Dès la Q1, j’avais un problème avec le moteur, qui me faisait perdre au moins une demi-seconde par rapport à mon équipier, a-t-il déclaré. Cela n’a fait qu’empirer. En Q2 et en Q3, c’était un désastre complet, donc je pense que nous avons clairement un problème moteur. »
Le Néerlandais a écarté une panne électrique. « Non, ce n’était pas du côté électrique. En Q1, nous avons immédiatement vu un problème. À ce moment-là, on se demande encore si le moteur est trop froid ou trop chaud, car tout est très sensible aujourd’hui. Mais nous avons ensuite compris que le problème venait bien du moteur thermique. Il s’est aggravé et, en Q3, ce moteur ne fonctionnait plus correctement du tout. »
Cette défaillance du moteur thermique a ensuite provoqué une succession d’autres difficultés vendredi après-midi. Verstappen a notamment constaté une perte progressive de vitesse de pointe. « Lors de ce deuxième tour en Q3, ma batterie ne se rechargeait plus, mais c’était évidemment dû au problème du moteur thermique. Cela entraîne beaucoup de ratés et d’autres problèmes, et le système devient complètement désorienté. » Il a aussi expliqué que sa batterie s’était coupée à un moment qui, selon Autosport, était clairement visible dans les images embarquées.
Entre les virages 15 et 16, dans une portion normalement abordée à plein régime, sa tête a brusquement basculé vers l’avant. Selon Verstappen, ce phénomène découlait de la coupure de la batterie. Il a expliqué que la faible vitesse dans les lignes droites obligeait à utiliser davantage de batterie à la sortie des virages pour compenser, ce qui provoquait un écrêtage très marqué. « Le système entier était désorienté, a-t-il ajouté. Vous restez plus longtemps dans la ligne droite parce que vous êtes lent et vous utilisez donc plus de batterie. C’est pareil avec Honda : on les voit aussi beaucoup plus écrêter que les autres, car ils doivent rester davantage à plein régime dans les lignes droites. »
La panne a également bouleversé le programme de roulage. Verstappen a dû interrompre son deuxième tour lancé, ou ce qui devait en être un, avec des répercussions pour la suite de la séance. « J’ai dû abandonner ce tour, mais vous perdez alors énormément de température dans les pneus, ce qui est très important ici, a-t-il souligné. On pouvait voir que tout le monde attaquait en permanence et continuait à zigzaguer. » Il a relevé que presque tous les pilotes avaient effectué un seul long relais en Q3, à l’inverse d’une séance habituelle.
Seule McLaren est passée par la voie des stands. Verstappen a estimé que cette option n’avait pas non plus été concluante et que Red Bull avait donc continué en piste. Mais l’abandon de son tour l’a privé de la bonne température de pneus pour sa dernière tentative, alors que le moteur était déjà en train de céder. Un drapeau jaune, lié à Lando Norris, est également apparu lors de son dernier tour. « J’ai dû laisser au moins deux dixièmes dans ce virage », a-t-il assuré.
Red Bull examine encore le problème moteur. Le récit de Verstappen laisse penser qu’il est peu probable qu’il prenne le départ de la course de samedi avec le même moteur thermique, sans que cela soit confirmé. Le pilote a assuré qu’un remplacement ne lui vaudrait pas de pénalité sur la grille à ce stade : « S’il reste des points d’interrogation, nous devons remplacer le moteur. Mais nous avons encore un autre moteur disponible dans le groupe. » Il a néanmoins confirmé qu’une pénalité devra intervenir plus tard dans l’année : « Il devra certainement y avoir une pénalité à un moment donné. »
Selon Verstappen, en théorie, Bakou semblait pouvoir être un circuit favorable pour absorber une telle pénalité, les dépassements y paraissant possibles, mais il a nuancé cette idée, estimant que tous les pilotes vident leur batterie dans la longue ligne droite et ne disposent donc pas d’un avantage d’énergie pour dépasser.
Il conservera ainsi sa huitième place sur la grille et visera toujours le podium samedi. Verstappen pense cependant qu’il aurait pu partir depuis la première ligne sans ce problème. « C’est évidemment très dommage, parce que cela se passait bien cette semaine, a-t-il déclaré. Je n’aurais peut-être pas égalé le temps de George, mais il y a un si grand écart entre la première et la deuxième place que nous aurions assurément été quelque part entre les deux. »
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