Le coup d’envoi de Liga du Real Madrid revêt cette saison une importance particulière. Non pas en raison de l’enjeu sportif immédiat, encore limité à ce stade, ni même de l’adversaire, Unicaja, qui se présente avec l’ancien Madrilène Willy Hernangómez, sifflé lors de ses trois dernières visites chez les Blancs sous le maillot du Barça.
L’attente des supporters tient surtout à l’occasion de célébrer le premier titre de l’exercice avec leur équipe, de découvrir de près les sept nouveaux joueurs et leur nouvel entraîneur. Pedro Martínez, entraîneur du Real Madrid, fera ses débuts devant son public dimanche à 19h, avec un trophée déjà acquis, un groupe qui l’enthousiasme et la mission de façonner une formation reconnaissable et compétitive.
Le technicien n’arrive pas comme un inconnu dans l’environnement madrilène. Au cours de sa longue carrière, il a connu plusieurs confrontations verbales avec le club qu’il dirige désormais, allant parfois jusqu’à lui adresser quelques piques. Selon les éléments rapportés, il défendait alors ses propres équipes avec une grande détermination, sur le parquet comme en dehors. On attend désormais de lui qu’il apporte cette même exigence au Real Madrid, après le nécessaire changement de perspective imposé par sa nouvelle fonction.
Avant de disputer la SuperCup, Martínez avait posé le cadre : « Nous repartons de zéro, sans trop penser à ce qui a précédé. » Le public madrilène, appelé à remplir les tribunes du Movistar Arena, devrait lui réserver un accueil chaleureux. La conquête de ce premier trophée devrait par ailleurs avoir levé les éventuels doutes : commencer avec une coupe constitue la meilleure manière de s’installer dans un club où les titres ont historiquement été une raison d’être.
Lors de ses premières semaines, l’entraîneur dit avoir trouvé davantage qu’il ne l’espérait, moins dans le talent d’un effectif dont il connaissait déjà la valeur que dans l’attitude d’un groupe presque entièrement reconstruit. « Je savais déjà que les joueurs que je vais entraîner sont très bons », explique-t-il. « Ce qui me surprend le plus positivement, c’est leur mentalité. »
L’un de ses grands chantiers sera de faire émerger rapidement un langage commun entre les sept recrues et les joueurs restés au club. Il ne cherche pas à reproduire Valence. Son ambition est différente et assumée : « Nous aimerions avoir une identité, être un peu différents de la façon dont jouent beaucoup d’équipes. »
Le titre de SuperCup a permis de lancer la saison dans de bonnes conditions, sans modifier sa vigilance. « Ce titre réaffirme la confiance. C’est bon pour nous, individuellement et collectivement, mais toutes les équipes connaissent des bons et des mauvais moments et il faut y être préparés », souligne Martínez.
C’est aussi le profil que le Real Madrid entend voir s’affirmer : un entraîneur de club, à l’aise dans une structure où il n’a pas à contrôler chaque décision pour laisser son empreinte. « Je suis très à l’aise avec la structure sportive du Madrid », assure-t-il. Son avis est pris en compte, mais d’autres personnes sont chargées de suivre le marché et de décider du type de joueur nécessaire. En retour, le club lui demande de jouer tous les objectifs, de construire une identité et de maintenir l’équipe au plus haut niveau.
Martínez sait que les difficultés arriveront : « Nous perdrons, et cela, c’est sûr que je le vis mal. » Pour l’heure, il profite intensément de chaque minute. Dimanche, il le fera enfin à domicile.
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