Benjamín Noval a effacé le souvenir douloureux associé au maillot arc-en-ciel en devenant champion du monde juniors du contre-la-montre à Montréal, avant son arrivée prévue chez Ineos en 2027. L'Asturien de 17 ans, fils d'un ancien coureur professionnel du même nom qui a été équipier de Contador, a dû attendre le dernier adversaire pour savourer son titre.
Il avait bouclé les 20,3 kilomètres montréalais en 25 minutes et 17 secondes, après avoir poussé son effort jusqu'au dernier coup de pédale, et occupait alors la tête du classement. Le Belge Vic De Smet était encore en course, dernière menace pour Noval, mais il a franchi la ligne six secondes plus tard. Le coureur de Laviana a alors levé les bras : il était champion du monde juniors du contre-la-montre. Cette médaille d'or révèle l'ampleur de son talent, sans résumer à elle seule son parcours.
Formé depuis ses débuts au MMR Academy de Samuel Sánchez, Noval court désormais pour Surne Bilbao avant de rejoindre Netcompany Ineos. À la maison, il partage avec son père son nom et de nombreuses discussions consacrées au cyclisme. Il apprécie notamment que celui-ci lui signale ses erreurs, estimant que « les réussites, tout le monde les voit déjà ».
Le jeune coureur connaît aussi le cyclocross : l'hiver dernier, il a terminé quatrième du Mondial avant de revenir sur route, où il associe ses qualités de grimpeur à son goût pour le contre-la-montre. De cet exercice, il dit apprécier une simplicité sans échappatoire : « Vous êtes seul face à vous-même et face à la route. » À Montréal, cette approche l'a conduit jusqu'à l'or.
Quatrième au premier intermédiaire, Noval a pris les commandes au deuxième et a conservé son avance jusqu'à l'arrivée. Son succès referme également le dossier resté ouvert depuis le Mondial de Kigali de l'année précédente : une chute avait alors brisé ses ambitions et l'avait relégué à la onzième place du contre-la-montre. Montréal constituait une nouvelle chance lors de sa dernière saison chez les juniors. Cette fois, il est arrivé sans incident au moment décisif et, en regardant le chronomètre, aucune chute ne le séparait plus de l'arc-en-ciel.
Son nom circule depuis longtemps parmi les grandes promesses espagnoles, une attente dont il connaît le poids. « En Espagne, je ressens la pression de devoir gagner », reconnaît-il. Il préfère limiter ce qu'il lit sur lui-même sur les réseaux sociaux afin de se concentrer sur l'entraînement, tout en conciliant voyages, stages et courses avec sa deuxième année de baccalauréat.
L'an prochain, Noval doit intégrer Ineos Grenadiers. Il aborde ce cap avec ambition, conscient qu'il y trouvera des courses plus longues, un autre rythme et une période d'adaptation. Il rêve de disputer le Tour et peut-être d'y gagner une étape un jour, mais ses premiers objectifs chez les professionnels seront plus immédiats : aider l'équipe, apprendre et commencer à trouver sa place dans un peloton entièrement nouveau.
Pour l'heure, Montréal laisse l'image d'un coureur de 17 ans capable de doser son effort sur 20,3 kilomètres, de remonter un contre-la-montre mondial et d'attendre sur la ligne que Vic De Smet passe six secondes après lui.
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