Marcos Llorente a suscité de nouvelles discussions sur les réseaux sociaux après avoir affirmé, dans des stories Instagram consacrées au cholestérol, que celui-ci « n’est pas mauvais pour la santé ». Le footballeur y relaie plusieurs thèses de Joan-Ramon Laporte, professeur émérite de pharmacologie clinique à l’Université autonome de Barcelone et auteur de « Chronique d’une société intoxiquée », notamment sur le cholestérol et les statines.
Llorente ouvre cette série par une image d’un chapitre de l’ouvrage consacré au « mythe du cholestérol ». Avec ironie, il écrit : « Rassurez-vous... Vous savez déjà que je ne sais que taper dans un ballon et que j’ai appris à lire il y a quelques années », avant de préciser que le contenu partagé provient du livre de Laporte, qu’il dit avoir lu récemment.
Il reprend ensuite plusieurs affirmations figurant dans l’ouvrage, dont celle selon laquelle « le cholestérol n’est pas mauvais pour la santé. Au contraire : c’est une molécule essentielle pour l’organisme ». Il partage également l’idée qu’« il n’existe pas un bon cholestérol et un mauvais cholestérol ».
Cette dernière affirmation remet en cause la distinction courante entre cholestérol HDL et LDL, alors que ces lipoprotéines ont des fonctions différentes et sont associées différemment au risque cardiovasculaire. Plus largement, les publications de Llorente interrogent le lien entre cholestérol et maladies cardiovasculaires, ainsi que le bénéfice d’une diminution de ses taux par les médicaments.
Parmi les extraits relayés figure aussi l’affirmation selon laquelle « réduire le cholestérol n’améliore pas l’espérance de vie ». Le contenu partagé évoque une analyse de 46 essais cliniques, dont 26 avec des statines, selon laquelle la baisse du cholestérol n’aurait pas réduit la mortalité. Un autre travail, portant sur 11 essais cliniques et plus de 90 000 participants, est également cité : selon cette analyse relayée, la prise quotidienne d’une statine pendant cinq ans n’augmenterait l’espérance de vie que d’environ trois ou quatre jours. La publication pose ainsi la question de l’ampleur du bénéfice apporté par ce traitement.
D’autres grandes analyses d’essais cliniques sont toutefois arrivées à des conclusions différentes. La collaboration Cholesterol Treatment Trialists’ (CTT), qui a mené plusieurs méta-analyses d’essais randomisés, a établi une association entre la réduction du cholestérol LDL par les statines et la baisse des principaux événements cardiovasculaires.
Les recommandations européennes de 2025 s’appuient sur cet ensemble de données et considèrent le LDL comme un facteur causal de la maladie cardiovasculaire athéroscléreuse. Elles ne jugent donc ni le LDL sans importance, ni la décision de traiter réductible au seul gain moyen d’espérance de vie.
La Société européenne de cardiologie et la Société européenne d’athérosclérose préconisent d’évaluer le risque cardiovasculaire global et maintiennent les statines comme premier choix médicamenteux pour abaisser le LDL lorsqu’un traitement est indiqué. Le bénéfice dépend du niveau de risque de chaque patient et de l’ampleur de la réduction du LDL. Toutes les personnes ayant un cholestérol élevé n’ont donc pas automatiquement la même indication à prendre une statine : les recommandations utilisent des catégories de risque et d’autres facteurs, avec une prise en charge bien plus intensive chez les patients présentant déjà une maladie cardiovasculaire que chez les personnes sans antécédent cardiovasculaire.
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